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Notices d’un «Schulpfleger» ou Inspecteur d’École

28. März 2018 von

Foto: zvg

Dominique Compagnon

Von

Online seit
28. März 2018

Printausgabe vom
29. März 2018
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Aujourd’hui de bonne heure, mes pas me mènent sur le chemin de ma première visite à l’École, dont je suis nouvellement responsable en tant que «Schulpfleger». Ici, je me permets un commentaire : Il faut reconnaître, que l’Allemand, dans certaines expressions, est beaucoup plus sympathique que le Français. Je prends en exemple le mot «Schulpfleger». Si nous faisons une décomposition du mot «Schule» pour école et «Pfleger» pour soignant, nous arrivons à une traduction plus ronde et aimable qu’Inspecteur d’École (trop pompeux et arrogant comme mot).

Une petite tension intérieure me parcoure le corps et l’esprit. Comme tout le monde, le premier jour, la première visite, la première rencontre… est-ce que je vais être à hauteur de cette tache? Bon, inutile de se sentir nerveux, ce n’est qu’une visite de 45 minutes chez des enfants de 4 à 5 ans. La jeune professeure m’accueille aimablement et me présente aux enfants. Déjà leurs regards curieux me fixent sans gêne. Un cours silence et le bourdonnement des enfants reprend. Ils s’assoient en rond et jouent ensemble, ils colorient des cahiers, ils ouvrent leur gros cartable, ils échangent des informations sur leur dernier weekend. Une cloche sonne et tous s’assoient en rond au sol avec la maitresse. Une petite fille en pantoufle rose, des cheveux bouclés blonds, habillée d’une petite robe coloriée, viens me chercher: «Willst du nicht mit uns auf dem Boden sitzen? Ne veux-tu pas t’asseoir avec nous au sol?» «Bien sûr, avec plaisir, je vais me mettre à coté de toi, si tu es d’accord.» «Ja, ist gut. Du darfst.» «Oui, c’est bon, tu as le droit».

J’observe avec attention chaque enfant, ses habits, sa coupe de cheveux, son visage, ses expressions. Ce sont déjà des adultes en miniatures. Cependant ils nous diffèrent par leur fraicheur, leur curiosité et leur façon de découvrir le monde. Une fois que nous sommes tous assis en rond, la maitresse explique: «Ce matin, nous allons jouer à la Poste. Vous allez vous mettre en groupe de 4, les uns vont faire un dessin pour leurs parents, pendant que les autres vont préparer des paquets. Après, quand tout sera préparé, je vais préparer le comptoir de la Poste pour poster vos lettres et colis». Une agitation tourbillonnante envahie chaque groupe et les discussions commencent. Dans un coin, un enfant un peu agité, est accompagné par une surveillante spécialisée. Très rapidement, en toute simplicité, les petits l’intègrent dans leurs jeux. C’est naturel et plein de fraicheur. Quel plaisir de voir ces petites abeilles et bourdons s’entraider!
Je me promène entre les diffèrent groupes et regarde, d’un œil amusé et curieux, les créations de ces petites têtes: «Ce dessin, c’est pour mon papa qui est en ce moment malade et couché au lit à la maison». «Ce paquet est pour ma copine qui n’a pas beaucoup de jouets». Un garçon, le regard malicieux, me fixe et m’interpelle: «Tu pourrais m’aider à dessiner un mouton pour ma sœur?» Cette demande me fait tout de suite remonter en mémoire le livre de St. Exupéry, Le Petit Prince.

«Non, je ne sais pas dessiner un mouton, mais si tu veux je te dessine un Wolf (Loup) avec une peau de mouton». Évidemment, il me regarde avec de grands yeux interrogateurs et dois penser que je suis un adulte bizarre. Devant son silence, j’essaie de paraître intelligent et ouf…le gong de la récréation sonne. Sauvé ! Avec une émotion forte au fond du cœur, je me réjouis déjà de ma prochaine visite.

Dominique Compagnon ist AL-Schulpfleger im Schulkreis Waidberg. Er ist zweisprachig, seine Muttersprache ist Französisch, in Referenz zu den vielen fremdsprachigen Zürcherinnen und Zürchern veröffentlichen wir seinen Bericht über den Besuch einer Schulstunde auf Französisch.

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